L'AIR DU MÉTRO, DIX FOIS PLUS POLLUÉ QU'A L’EXTÉRIEUR

Vous le savez certainement mais il n’est pas bon pour votre santé de respirer l’air souterrain de Paris. Le taux de particules fines y est en effet jusqu’à dix fois supérieur dans les tunnels des transports en commun d’Ile-de-France qu’à l’air libre.


Ce « danger sanitaire » est invisible et pourtant bien palpable.

Sur le continent européen, plus de 60 villes sont équipées d'un métro, et plus de 120 millions de personnes utilisent au quotidien ce moyen de transport. Chaque jour, il y a 4,8 millions d'usagers à Londres, 5,3 millions à Paris, 6,8 millions à Tokyo, 9,7 millions à Moscou et 10 millions à Pékin.

D’où vient cette pollution ?

Les particules polluantes proviennent notamment du freinage, des frictions entre les roues et les rails, et entre les rames et les installations électriques. Le 4 juillet dernier à Paris, un pic à 438 microgrammes (µg) de particules fines par mètre cube d’air a été relevé entre 19 heures et 20 heures, selon les données du réseau Squales de la RATP. Or, à l’extérieur, au même moment, la pollution n’atteignait que 27 µg/m3 de particules dites PM10, selon Airparif. Soit 16 fois moins que dans le métro… En suspension dans l’air, ces particules polluantes sont brassées à chaque passage de métro, sans jamais être évacuées. À ces poussières métalliques s’ajoute le transfert de polluants issus de l’air extérieur vers l’intérieur. Sans compter les équipements encore plein d’amiante restant à remplacer.

Qui est concerné ?

Le taux d'exposition des voyageurs est restreint dans le temps, sauf pour les personnes évoluant toute la journée dans les couloirs du métro parisien. Les salariés de la SNCF et de la RATP, qui travaillent dans les tunnels, sont les plus exposés à la pollution aux particules fines. Ils réclament une baisse des seuils d'exposition autorisés.Les principaux concernés par cette pollution sont les 28 000 salariés de la RATP et de la SNCF (dont 26 000 en Ile-de-France) : les conducteurs de rames, agents de recette et de contrôle, policiers, commerçants et les 8 000 travailleurs chargés de la maintenance des infrastructures. Certains d’entre eux, avouent avoir déjà porté des « filtres dans les narines » achetés en pharmacie, pour diminuer leur exposition à la pollution. Mais cette méthode est très désagréable et peu la supporte au quotidien.

Des actions pour faire réagir

La Fédération des transports (CFDT) a récemment distribué des tracts dans les couloirs du métro parisien. Il faut dire que le message est accrocheur : «respirer dans les tunnels du métro et du RER nuit gravement à la santé ». Ce tract reprend les codes des messages de prévention sur les paquets de cigarettes. Depuis une vingtaine d'années, la RATP réalise des mesures de la qualité de l'air dans trois stations : Châtelet (sur la ligne 4), Auber (sur le RER A) et Franklin D. Roosevelt (sur la ligne 1). Ces mesures servent à visualiser la pollution à laquelle nous faisons face au quotidien dans le métro. Le constat est sans appel. Si ce n'est pendant la nuit (entre 2 et 6 heures du matin), les concentrations en PM10 sont largement supérieures à l’air extérieur dans le métro parisien. Certains jours à Châtelet, sur la ligne 4, la concentration en PM10 dépasse les 300 µg/m3 alors que le seuil d'alerte en extérieur est fixé à 80 µg/m3 par la législation française. Cette réglementation n'est pas valable dans le métro parisien.

Quelles seraient les solutions ?

Pour protéger les travailleurs, les heures de travail devaient être espacées pour diminuer le temps d’exposition à la pollution. Le port de masques antipollution pourrait également être une solution sur le long terme. Ces masques antipollution filtrent les particules polluantes et permettent de protéger sa santé.

Il est temps de prendre soin des plus exposés à la pollution de l’air… 


Sources :

Reporterre

Libération

LeParisien

LeMonde

FranceTVinfo

AirParif.Asso

LePoint.fr